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الجمعة، 15 مارس 2013

Tunisie, 160 immolations par le feu et toujours rien !


Le bilan est détestable. Engendrée par l’immolation par le feu d’un jeune chômeur de 27 ans, la révolte puis la révolution de la jeunesse (330 morts dans des affrontements avec la police à l’époque) qui a réussi à faire fuir le dictateur et la mafia familiale qui gouvernait à sa guise et à son seul profit la Nation, la Tunisie présente aujourd’hui un bilan , honteux, à la limite du supportable. Uniquement par la faute de ceux, et ils se bousculent au portillon, qui, politicards dans l’âme ou islamistes rétrogrades, se sont installés au pouvoir, après avoir confisqué à leur seul profit, le sacrifice de ceux qui auraient pu être leurs fils.

 Citant des sources officielles, le quotidien tunisien d’expression française, La Presse, détaille dans son édition du 14 mars, le bilan actuel. Un désastre. On apprend ainsi que  « …depuis le 10 décembre 2010, date à laquelle le jeune Bouazizi s’était immolé par le feu à Sidi Bouzid, jusqu’au 12 mars 2013 où, à Tunis cette fois, en plein centre ville, un autre jeune homme de 27 ans lui aussi, soutien de famille, Adel Khedrhi a choisi le feu pour mourir de désespoir, 160 jeunes chômeurs tunisiens ont péri de la même manière. »

 Plus loin, le quotidien, citant le Ministère de l’Intérieur, indique que 10 suicidés par auto-immolation ont été dénombrés cette année, après les 66 de l’an dernier et les 91 de 2011. Cette hécatombe serait provoquée par le chômage qui toucherait dans le pays 700.000 jeunes gens dont 170.000 titulaires de diplômes universitaires. En outre le quart de la population (la Tunisie compterait un peu plus de 10 millions d’âmes) est frappée par l’extrême pauvreté. Dans les grandes villes du pays s’est multipliée un peu partout l’expression criante de cette misère à travers de jeunes vendeurs à la sauvette de tout et n’importe quoi, toujoursétalé sur les trottoirs. Du vêtement usé à la chaussure éculée ou du poisson pas trop frais en passant pae des fruits à la limite de la « ligne rouge », par les breloques, bonbons ou cigarettes au détail. A Tunis même les galeries du quartier historique qui conduit à la Médina, ont été investies par ces hordes d’un autre âge.

 Et toujours rien du côté du pouvoir qui demeure provisoire. Tant à l’Assemblée Constituante qu’au Président potiche de la République et bien sûr au Gouvernement qui en est à sa cinquième édition. Sans avoir pondu la moindre avancée malgré une armada (une cinquantaine) de ministres et secrétaires d’Etat à l’instar de Démocraties plus peuplées. Rien que des palabres et des disputes chez les 217 constituants (excusez du peu !) qui sont encore loin d’avoir rédigé la nouvelle constitution sans laquelle la Nation et surtout sa population ne peuvent guère évoluer. Les islamistes soi-disant modérés qui s’y sont installés en masse – tant à l’Assemblée qu’au Gouvernement nouveau – pilotés par leur leader de retour d’un exil doré de 20 ans en Angleterre, ne cessent pas de créer débats honteux et dérisoires pour ne pas écrire scandaleux. Ainsi l’un de ces députés a eu l’intelligence de vouloir ouvrir dans la docte assemblée une discussion « constitutionnelle » sur …l’excision des filles ! Vous avez bien lu ! Etablir l’excision des filles dans un pays qui est l’un des rares, sinon seul du monde arabophone et musulman à avoir su libérer ses femmes. Et que celles-ci sont décidées à le demeurer.


 Côté Gouvernement l’intelligence, qui ne vole pas plus haut, le témoignage de l’incapacité crasse de plusieurs de ses édiles se dévoile lorsqu’on les interpelle sur la série de suicides par les flammes ils répondent : « …un jeune qui se suicide par désespoir, c’est bien tragique et toujours regrettable, mais pourquoi rejeter la responsabilité de ses actes extrêmes sur le Gouvernement ? C’est la responsabilité de tous et elle doit être partagée par tous » Des propos recueillis par des journalistes de La Presse auprès du Ministre des Droits de l’Homme et du Secrétaire d’Etat aux affaires étrangères. Alors que " ces gens là, messieurs ",( comme criat le chanteur), depuis plusieurs mois n’ont été capables d’offrir à leur jeunesse que trois options. L’exil improbable au risque d’y perdre leur sang et leur honneur, vers des paradis qui ne le sont pas comme l’Espagne, la France ou l’Italie d’une part. En finir avec la vie chez soi mais dans les flammes d'autre part ou bien encore s’enfuir et aller, fusil ou mitraillette en mains, combattre ailleurs, mais en Syrie surtout, pour une cause qu’il leur reste totalement inconnue.

 En guise de conclusion et puisque la Syrie vient d’être évoquée, je suis dans l’instant pétrifié de honte. Je viens d’apprendre par une déclaration de notre ministre des affaires étrangères, Fabius en personne, que l’Angleterre et la France ont décidé de « fournir des armes aux rebelles » qui ont l’intention de mettre à bas le régime actuel de cette nation emblématique et dont on ignore totalement leur motivation ainsi que leur nationalité.

 En digne serviteurs de l’Oncle Sam qui ne désire plus se montrer à visage découvert, ces deux européns qui croient encore être des démocraties exemplaires et qui manifestement ne le sont plus depuis longtemps, vont aider à faire (Inch’Allah qu’ils ne le pourront pas) de la Syrie ce qu’ils ont fait de la Lybie. C'est-à-dire un champ de ruines. Sous deux régimes français différents que je suis sur le point de comparer aux ignares qui prétendent actuellement gouverner la Tunisie, cet autre pays qui m’est cher.

 Et dire que s’ils arrivaient par malheur à leurs fins (reste à savoir pour quel motif) anglais et français pourront s’assoir à la table des suzerains aux côtés d’autres pantins, des chameliers barbares couverts d’or qui viennent de faire fusiller sur la place publique deux jeunes hommes condamnés à mort il y a huit ans (ils avaient alors, tenez-vous bien, 12 et 14 ans) pour avoir voulu dévaliser, arme à la main, une bijouterie. Ces gosses avaient peut-être eu faim eux aussi.

 Mais le plus piteux de cette répugnante histoire est que ce pays a du en grande pompe désobéir à la Charia qu’il ose imposer ailleurs avec ses pétrodollars. Devant l’incapacité de pouvoir compter sur des bourreaux ayant les capacités requises pour …décapiter les condamnés, il a transformé, au plus haut de l’Etat, le texte sacré en remplaçant l’épée par le fusil. Et c’est ainsi que désormais les émirs d’Arabie Saoudite auront le droit divin de punir le ou les auteurs d’un viol, un meurtre, la renonciation publique à l'Islam, le vol à main armée et le trafic de drogue.

 « Bon appétit messieurs….Ministres intègres  » comme disait l’autre qui ne chantait pas mais qui écrivait si bien !

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