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السبت، 16 مارس، 2013

Tunisie: la surenchère salafiste et le chômage, dangers immédiats


Adel Fekih, actuel ambassadeur tunisien en France, militant de    longue date du parti de gauche (Ettakattol), et Yves Aubin de la Messuzière, diplomate français et arabisant, ambassadeur en Tunisie de 2002 à 2005, ont eu une lecture convergente de la Révolution tunisienne, et sur les défis du futur immédiat. Jeudi 14 mars, à l'Iremmo (Institut de recherches et d'Études Méditerranée Moyen-Orient) à Paris.

Le gouvernement français n'a pas été au rendez-vous de l'Histoire en Tunisie, aux débuts de sa révolution. Pourtant la France investit bien plus en Tunisie que les pays du Golfe, les Français en général auraient dû être plus attentifs. Les Qataris ne se posent pas tant de questions, et financent via diverses sources les islamo-conservateurs de type Ennahda.

La diplomatie française pas moins réactive que l'américaine

Ben Ali inondait les rues de policiers, qui faisait régner une paix de façade, et il faisait régner la peur comme mesure préventive. C'est là qu'il a perdu la légitimité. Aujourd'hui, il n'y a pas davantage d'insécurité. 

Pour Aubin de la Messuzière, les États-Unis n'ont joué aucun rôle dans le départ de Zine Ben Ali, et les contes sur le minage moral par les diplomates américains, ont été surévaluées. Par contre, ce qui est plus certain, c'est que la récente attaque contre l'ambassade américiane ait bien échaudé Washington. Sur son propre départ de Tunisie en mauvais termes, il s'explique: "C'est moi qui ai demandé au Quai d'Orsay mon départ, et non pas Ben Ali, car j'étais sous surveillance et mes collaborateurs sous pression. Quant à la situation en Tunisie, les médias françaises ont dramatisé, parlant de possible "guerre civile". J'ai eu pour collaborateur en Tunisie Jean-Pierre Filiu.

Adel Fekih rappelle que les deux sociétés, la française et la tunisienne, sont liées et donc la compréhension devrait être facile entre les deux rives de la Méditerranée. Pour lui, la répression et la démagogie sociale étaient les pilliers de Ben Ali. Ben Ali inondait les rues de policiers, qui faisait régner une paix de façade, et il faisait régner la peur comme mesure préventive. C'est là qu'il a perdu la légitimité. Aujourd'hui il n'y a pas davantage d'insécurité. 

Toutefois, aujourd'hui le défi économique est incontournable. 16,5 % de chômage et une si grande précaritè, cela ne peut continuer. L'immolation d'Adel Khadri, 27 ans, mardi 12 mars, à Tunis, suivant l'assassinat de Chokri Belaïd, le 6 février, accentue les pressions. Le gouvernemnt s'est donc refait, avec davantage d'indépendants, pour tenir 7 mois. Pour les Tunisiens, difficile d'avoir confiance!

La géopolitique se rappelle à nous: le voisin s'appelle Libye

La Tunisie est géopolitiquement liée aussi à la Libye, et les groupes djihadistes pourraient pour la première fois venir jusqu'à nous. Par ailleurs les Tunisiens exportent des produits massivement vers la Libye. Aussi, sur le plan géographique, les troubles du centre et du sud ont été sous-estimés, ces régions restent négligées.

La religion et la politique

La Constitution est le préalable à tout, "on ne le dit pas assez" selon l'ambassadeur Fekih. La place de la religion, article 1 de la Constitution de 1956, "La Tunisie est une République dont la langue est l'arabe et la religion est l'Islam", restera le texte de compromis dans la continuité.
Les non islamistes se dénombrent environ à 50%.
Salafisme: il y a plusieurs genres. Des quiétistes, et les politisés. À travers les médias, un salafisme inernational se crée. El-Wahhab au 17e siècle a écrit au bey pour lui dire que le maraboutisme et le culte des saints et le soufisme en faisait un mauvais musulman, et le bey a répondu qu'il y avait des spécificités.

Abdelwahhab Meddeb, spécialiste de l'islam et animateur radio à France Culture, se plaint de l'uniformisation devastatrice du sunnisme qui a cours en ce moment, de Jakarta à Casablanca.

Des salafistes détruisent les tombes de saints à Sidi Bousaïd, une quinzaine en tout en Tunisie.

Faut-il battre en brèche l'islamisme? L'ambassadeur Fekih répond: les nouveaux députés sont élus dans un esprit de rupture contre le Benalisme. Aujourd'hui il est trop tôt pour dire que les islamistes vont se muer en républicains à là AKP turc. Ou se scinder en deux, ceux du collectif du 18 octobre 2005 laissant les islamistes plus purs. Mais scinder la pop en bons et méchants est trop réducteur. Il faut créer un centre, et passer aux choix socio-économiques, et Ennahda est libéral  alors que la gauche l'est bien moins.
Ennahda a penché du côté des modérés pragmatiques. Mais il y a des regionalismes, et des courants. Ghannouchi navigue entre courants. Les relations avec les mouvements salafistes sont ambigües!
Signe d'espoir: un Pacte social a été signé le 14 janvier 2013 entre l'État et l'UGTT, le puissant syndicat laïc et démocratique.

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