Google+ Followers

الأحد، 23 فبراير، 2014

Kalaâ Kébira : Une forteresse du passé et… de l’avenir par Abdelbasset.Ben Saad


Kalaâ Kébira ou «la grande forteresse» est l’une des plus grandes villes du Sahel tunisien. Fondée il y a 28 siècles par les Phéniciens, érigée sur une colline entourée d’oueds pour en faire une base avancée et assurer la défense de la ville de Hadrumète (Sousse actuellement).
Nommée Itkouda à l’époque car rassemblant trois forteresses (Kalaâ Kébira, Akouda et Kalâa Saghira), la ville de Kalaâ a su garder à travers les siècles et les civilisations, romaine et arabo-musulmane, son statut de forteresse stratégique et séculaire, véritable plaque tournante entre les villes du Sahel et du Centre et notamment Kairouan.

Un passé des plus prestigieux, jalonné par des événements aux traces indélébiles depuis l’époque romaine prospère sous le règne de l’empereur Thiberius en l’an 112 après (J.C.) où la ville connut un essor sans précédent en développant une agriculture basée sur l’olivier. Kalaâ pourvoyait ainsi Rome en huile d’olive de grande qualité. Sans oublier que les habitants de Kalaâ ont été et sont toujours de fervents nationalistes ayant défendu bec et ongles leur ville contre toutes les invasions : la dernière en date était «l’opération kamikaze» lancée en 1883 par El Bey Sassi Souilem qui, à la tête d’un groupe d’une quarantaine de valeureux combattants, a tenté de freiner voire même de stopper l’avancée des armées françaises vers le Sahel : ce fut David contre Goliath... mais la bataille eut une issue dramatique mais héroïque et tous les combattants ont été tués, écrivant de leur sang noble une des plus belles pages de l’histoire de notre pays...
L’olivier, l’huile et l’amer !
Kalaâ Kébira est l’une des plus grandes communes du gouvernorat de Sousse avec M’Saken. Sa superficie totale est de 24604 ha dont la majorité est constituée de terres agricoles et d’oliveraies à perte de vue.
La zone communale comporte 51196 habitants avec une densité de 25 h/km2. La superficie arable à Kalaâ Kébira est de l’ordre de 23400 ha dont 13250 ha qui sont des oliveraies comportant 536 mille pieds d’oliviers dont 4200 irrigués.
Et même si l’olivier constitue depuis les temps reculés la principale ressource agricole de Kalaâ, on notera l’exploitation de 4200 ha pour le blé dur et 1100 ha pour les arbres fruitiers en plus de 4 mille ha de pâturages qui, en période de sécheresse et de disette, sont de véritables déserts.
Il est certain que sur le plan agricole, Kalaâ puise ses principales ressources dans l’olivier qui, dans les périodes fastes transforme agréablement la physionomie de la région en créant une grande effervescence agro-économique avec des centaines d’emplois directs et indirects, avec ses soixante huileries qui tournent à plein régime assurant une capacité de transformation de l’ordre de 300 tonnes par jour.
Mais, en période de vaches maigres, les habitants de Kalaâ font grise-mine et broient du noir, car leurs projets estivaux sont lourdement compromis : vacances, bâtiment et... mariages.
Décidément quand l’olivier éternue, c’est tout Kalaâ qui s’enrhume.
Grands projets et petits entretiens
Avant le Changement, Kalaâ Kébira a connu des périodes mi-figue mi-raisin avec quelques projets réalisés qui, il faut le dire n’ont pas profondément changé la physionomie de la ville qui a continué, au grand dam des puristes, à étendre ses tentacules de façon souvent anarchique.
On voyait ainsi pousser aux quatre coins de nouveaux quartiers qui grossissaient sans aucun respect pour le plan d’aménagement : l’exemple le plus effarant est cette route prévue sur le tracé de l’ancienne voie ferrée et qui est devenue aujourd’hui un véritable quartier jalonné de villas qui ont squatté presque tout le terrain. Sans oublier toutes ces maisons poussant comme des champignons çà et là avec ou sans autorisation de bâtir et d’autres qui ont grignoté les trottoirs en vue d’extensions douteuses.
Cependant, certaines œuvres et certains projets ont vraiment changé la face de la ville. Le projet présidentiel de l’aménagement de Kalaâ et dont le coût s’est élevé à 2,5 millions de dinars a permis l’aménagement total et le gourdonnement des quartiers de la vile où les habitants jusque-là pataugeaient dans la boue.
La vile de Kalaâ a également bénéficié de la sollicitude du Président Ben Ali qui, dans son extrême générosité, a ordonné «la reconstruction» de la maison de la culture avec une enveloppe de 380 mille dinars et la protection de la ville contre les intonations et dont le coût global s’est élevé à la coquette somme de 2 830 M/D et dont on vient de vérifier de visu l’impact ô combien positif en septembre 2009 suite aux pluies diluviennes.
N’oublions pas non plus l’aménagement de la zone industrielle (dont beaucoup contestent l’emplacement sur la route) qui connaît un essor sans précédent avec pas moins de six unités qui ont permis la création de dizaines de postes d’emplois ; mais il faudra également songer à surveiller de très près les déchets de toutes ces unités industrielles extrêmement nocifs pour l’environnement en évitant leur dévoiement ou leur incinération près des zones habitées.
Le revers de la médaille
Tous ces projets à gros budgets, financés en grande partie par les dons (26-26 ou présidentiel) avec un auto-financement de 720 mille dinars, sont un véritable baume pour tous les habitants. Cependant, on constate de jour en jour, ces nouvelles chaussées éventrées, crevassées, boursouflées… Massacrées au vu et au su de tout le monde ; et tous les intervenants «ouvrent» et laissent les trous béants partout. L’exiguïté des voies de circulation surtout celles qui mènent vers le haut de la colline, «le centre-ville» ou «le Souk» comme il plait aux citoyens de l’appeler, avec certes des sens interdits que, vous vous en doutez, personne ne respecte: une véritable anarchie avec des véhicules en tous genres (isuzu roulant sur les chapeaux de roues, bus, mobylettes, ânes, poulets… scooters jouant aux quilles avec les piétons…) Tout est sur la chaussée bravo à celui qui arrive à se frayer un chemin dans cette jungle compacte, sans parler des trottoirs squattés par les cafetiers et les gargotiers.
Il faut également songer à implanter sur les avenues Farhat Hached, de l’Environnement et Ibn Khaldoun des ralentisseurs aux abords des écoles et autres institutions, car ce sont des zones extrêmement fréquentées.
Ceci éviterait de voir tous ces gros engins rouler à tombeau ouvert, mettant en danger la vie de nos enfants. Ainsi, un nouveau plan de la circulation devrait voir le jour pour décongestionner la ville, éviter tous ces embouteillages et empêcher tous les stationnements anarchiques qui rendent la vie difficile.
Par ailleurs, l’infrastructure du marché municipal doit être repensée, car il connaît un engouement terrible avec des étals à la limite de l’anarchie qui occupent les allées du marché et obstruent les passages, surtout les jours de grande affluence où il devient quasiment impénétrable. 
Il faudra également songer à accentuer les contrôles d’hygiène sur les denrées exposées au marché (poissons, viandes, poulets) ainsi que sur ces petits resto de poche qui foisonnent partout sans respect des normes les plus élémentaires de l’hygiène au grand dam de tous les citoyens.



هناك تعليق واحد: