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الأربعاء، 17 سبتمبر، 2014

Libé doit passer au « digital first », lancer sa radio et même sa TV câblée




La direction du quotidien national, qui a annoncé hier un plan de 93 suppressions d’emplois, veut accélérer la transformation du journal en mettant le Web au cœur des priorités et en le transformant en « groupe multimédia »

Au lendemain de l'annonce choc en comité d'entreprise d'un lourd plan social touchant un tiers des effectifs, soit 93 postes, la direction de Libération, Laurent Joffrin, le directeur de la publication, Pierre Fraidenraich, le directeur opérationnel, et François Moulias, le président du directoire, sont revenus plus en détails sur le projet de transformation du journal devant la presse, lors d'un déjeuner organisé par l'Association des journalistes médias. « Avec 100 journalistes « écrivants », 130 au total, l'affaire est jouable, nous pouvons produire un bon site et un journal de qualité. Nous ne serons pas exhaustifs, nous serons les meilleurs dans les thématiques que nous avons choisies » a fait valoir Laurent Joffrin. Une nouvelle formule du site et du journal papier sont prévues pour le premier trimestre 2015.

Tout sur le Web pour attirer 5 millions de visiteurs uniques
 La rédaction, qui quittera le siège de la rue Béranger à Paris sans doute pour la Petite Couronne, sera réorganisée en six services (Pouvoirs, Planète, Futurs, Idées, Ecrans & Cultures, Tendances), qui devront animer chacun leur propre mini-site thématique sur Libé.fr. Car le mot d'ordre sera désormais « digital first », priorité au Web, a insisté Pierre Fraidenraich. « Nous allons tout mettre en ligne », a souligné Laurent Joffrin, alors qu'aujourd'hui seule une sélection d'articles est publiée sur le site. Le modèle économique sera celui du « paywall »  au compteur (un nombre plafonné d'articles gratuitement accessibles par mois pour chaque internaute).

 Libé revendique 11.000 abonnés en version exclusivement numérique et son site rassemble actuellement de l'ordre de 3,5 millions de visiteurs uniques (VU) par mois, l'objectif est d'atteindre les 5 millions en 2015-2016 : « nous n'avons pas l'ambition d'aller concurrencer Lemonde.fr ou Lefigarofr qui s'approchent des 11 millions », a reconnu Laurent Joffrin. Aujourd'hui, le numérique génère 5 millions d'euros de recettes, en baisse, à rebours du marché, sur les 48 millions d'euros de chiffre d'affaires que devrait dégager « Libé » cette année. Pour cela, « il faut que nos journalistes soient plus actifs sur les réseaux sociaux, qu'ils tweetent leurs papiers, que nos contenus soient promus auprès de notre communauté de fans, qu'on la nourrisse » a relevé Pierre Fraidenraich. Laurent Joffrin, qui a déserté Twitter depuis octobre 2011, a dit qu'il « pouvait [s']y remettre si on le [lui] demande ! »

Cependant, 80% des recettes venant toujours du papier, l'objectif est aussi de maintenir la diffusion du quotidien, qui est tombée sous les 100.000 exemplaires, soit moins que « La Croix », en limitant à 10% la baisse des ventes et en augmentant « raisonnablement » le nombre d'abonnés de 26.000 à 35.000 d'ici à 2017. « Il n'a jamais été question d'arrêter le papier, mais on se concentre sur le site » a résumé le directeur de la publication, qui s'est défendu d'être « ignare en matière d'Internet. » Laurent Joffrin est bien « le patron de Johan » Hufnagel, le fondateur de Slate.fr qui a été nommé directeur délégué de la rédaction de Libé (présenté parfois comme le numéro 1 bis), a insisté Pierre Fraidenraich.

Forums, Radio Libé et bientôt une chaîne câblée Libé TV
 Libé va aussi relancer l'organisation de forums et débats, l'événementiel devant générer 3 millions d'euros de chiffre d'affaires. « Le fait d'être un journal nous permet d'organiser un plateau prestigieux et nous gardons une trace de ces débats dans le journal. Nous avons un savoir-faire et réfléchissons à l'internationaliser » a indiqué Laurent Joffrin, prenant l'exemple des forums du Nouvel Obs à Bruxelles.

 Le journal a aussi lancé cet été « Radio Libé » en bêta test sur son site Web, environ 20 minutes de production interne sur les coulisses de la fabrication du quotidien. Le groupe envisage de fournir des contenus à un partenaire disposant d'une fréquence de radio numérique terrestre.

Autre axe à développer, la vidéo : Pierre Fraidenraich a regretté le manque d'investissements réalisés dans le domaine, et que le quotidien ne soit « pas assez performant dans la publicité vidéo sur le Web. » Il travaille à la production d'un flux vidéo, dont une partie en interne et l'autre en partenariat avec des éditeurs de contenus, comme le Bondy Blog. Venu de la chaîne iTélé, Pierre Fraidenraich voudrait aller plus loin et n'exclut pas la création d'une sorte de Libé TV : « pourquoi pas imaginer la diffusion broadcast d'un flux linéarisé, par exemple sur un réseau câblé appartenant à l'actionnaire ? » a-t-il lancé, soulignant qu'il y avait des possibilités de « synergies avec les actifs de notre actionnaire » - Patrick Drahi, premier actionnaire de Numericable en passe de racheter SFR, et de la chaîne d'info israélienne i24 News - et que la rédaction allait « produire un flux important de vidéos originales et exclusives. »

« Mon job est de créer un groupe multimédia assis sur plusieurs piliers, le journal, le numérique, l'événementiel et pourquoi pas plusieurs marques, en faisant grandir ce groupe par croissance externe, par l'acquisition de sites ou de journaux » a confié le directeur opérationnel de Libé.

Besoin d'une rallonge de 8 à 10 millions d'euros
 En attendant, le plan social va peser sur les comptes. « Les actionnaires [Patrick Drahi et Bruno Ledoux, le propriétaire de l'immeuble de Libé] ont joué le jeu, ils ont investi 18 millions d'euros. Nous allons leur demander une petite rallonge » a révélé Laurent Joffrin. Sur les 18 millions promis cet été, 11,4 millions d'euros ont déjà été consommés et Libé attend les 6 millions restants. « Le besoin de financement est de 8 à 10 millions d'euros, mais il n'est pas urgent » a indiqué François Moulias le président du directoire, en partie en raison des départs, qui devraient coûter de l'ordre de 3 millions d'euros.

« Nous devons d'abord prouver que nous pouvons produire un bon journal avec ces effectifs. Nos actionnaires ne veulent pas devenir propriétaires du tonneau des Danaïdes » a déclaré Laurent Joffrin.

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